Le MOMOSITE vous présente : |
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LUCIFERA |
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Page mise à jour le 06/09/2020 |
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La bande dessinée Lucifera a été publié par
Ediperiodici (170 numéros entre 1971 et 1980). Une édition française a été
publiée par Elvifrance (99 numéros entre 1972 et 1980).
Plusieurs dessinateurs ont participés à cette série (qui n'a
jamais été signée) notamment l'excellent
Leone Frollo (n°1 à 15), puis Tito Marchioro.
Les scénarios furent assurés par
Georgio Cavedon puis Remo Pizzardi et enfin Paolo Ghelardini pour les 30
derniers numéros.
Biographie imaginaire
Elle est belle, brune, elle a les cheveux jusqu'au creux des
reins, elle mensurationne(1) 95D, 85, 95,
1m 70 debout, 85 cm roulée en boule, son poids ne nous a pas été communiqué,
quant à son âge : elle a et elle aura toujours 20 ans (2)
Origine
Nous sommes au début des temps, les anges purs et radieux commencent à
s'organiser et réclament la gratuité des transports, et la prise en charge par
Dieu des frais de coiffeurs et de manucures. Dieu ne veut rien savoir, le
mouvement se divise et les anges rebelles sont priés d'aller voir en Enfer s'il
fait chaud.
Du coup Dieu passe à autre chose, il crée l'homme, puis la femme... En enfer,
les anges déchus s'organisent et Satan devient président à vit
(3), et Lucifer premier sinistre(4).
Les deux diables tiennent cons s'il y a bulle(5)
et se disent que l'enfer serait tellement mieux avec des femmes.
Petite incantation... et Luciféra nait de rien, elle a chaud et elle est chaude.
Première Mission
Luciféra a pour mission de pervertir les hommes, les femmes aussi d'ailleurs, en
leur proposant du sexe, sachant que Dieu a horreur de ça.
Alors que sa vie s'achève
(car toute à une fin, sauf le saucisson qui en a deux) le Docteur Faust
travaille sur un élixir de bonté (quelle idée ?) Mais il sent qu'il
n'aura pas le temps de finir, n'étant pas vacciné contre la grippe porcine. Il
demande donc à Satan de lui redonner la jeunesse. Satan qui a plus d'un tour
dans son sac exauce le souhait mais lui envoie en prime Luciféra pour le
corrompre. Elle postule donc au poste de servante chez Faust. Ça tombe bien la
servante précédente venait de se pendre (chagrin d'amour). Et elle
commence à faire tourner la tête du pauvre Faust qui devient à moitié fada et en
oublie ses recherches.
Pendant la guerre de cent ans
Elle se réincarne plusieurs années plus tard sous le nom Marie-Madeleine de
Vassé, Marquise de la Rochebousseau, organise des messes noires où elle fait
frire des petits enfants non baptisés pour les offrir au diable avec la
complicité de Gilles de Rais. Repérée par l'inquisition, elle raconte alors
qu'elle a entendu des voix lui demandant de bouter l'anglois hors de France.
Elle s'exprime dans un français noble et châtié et impressionne les gens
d'armes. Une armée se crée, elle vire les anglais d'Orléans, (du moins de ses
proches alentours, les anglais n'y étant jamais entrés) pervertit le roi
(un gros benêt surnommée Charles VII), vend son âme au diable puis la confie
à Agnes Sorel afin qu'il ne tente pas de se parjurer. Les anglais sont énervés
et la font arrêter, puis bruler... Comme si on pouvait tuer Luciféra !
Postérité
Le pape Pie X la béatifia, le pape
Benoît XV la canonisa et aujourd'hui le
diable en rit encore
Confusion courante
C'est par erreur que certains biographes la disent réincarnée en champignon. Le Pholiota Lucifera, ça existe, ma ça ne lui ressemble pas du tout et en plus
c'est même pas comestible !
Illustrations de cette page
Les trois couvertures présentes sur cette page ont été
réalisées par Tito Marchioro (né en 1931).
Luciféra
et la censure
Les
publications Elvifrance furent sans doute celles qui connurent le plus
d'interdiction de toute l’histoire de la BD. (776 interdictions jusqu'en 1989 !)
Il n'y eu pas grand monde pour défendre Bielec (Charlie Hebdo fut une
sympathique exception).
Luciféra et la critique
Du temps de leur parution, les publications Elvifrance ne suscitaient que le
mépris des "professionnels" et réussirent a faire l'unanimité contre-elles.
(sous-produits, machisme de bas étage, pornographie, vulgarité faisaient partie
des gentillesses les qualifiant). En 2009, j'ai eu l'idée saugrenue d'écrire
cet article destiné au site de la Desencyclopédie (un site qui se voulait au
départ un pastiche de Wikipédia). Un grincheux a proposé la destruction de
cet article avec pour unique argument : Elvifrance, c'est de la merde ! Il y a
eu un vote, une majorité a effectivement voté la destruction. J'ai donc cessé de
fréquenter ces gens-là.
Aujourd'hui, les éditions Delcourt rééditent les séries de Leone Frollo (Casino)
et de Raoul Buzelli (Sam Bot). Frollo, Ciriello (le dessinateur des
couvertures de Maghella) et bien d'autres sont reconnus comme de véritables
artistes. Une expo au centre Pompidou sur la censure dans la presse évoque
longuement, archives à l'appui les problèmes d'Elvifrance. O tempora O mores !
Et tant mieux !
Notes en bas de la page
(1) verbe tiré de du dictionnaire de l'Enfer
(2) renseignements gracieusement fournis par le secrétariat de l'Enfer.
(3) mais non il n'y a pas de faute !
(4) idem
(5) locution tirée de du dictionnaire de l'Enfer